Qui sommes-nous?

 

Nous sommes de simples citoyens, musiciens (interprètes, enseignants, compositeurs, chercheurs), refusant d’être passifs devant les catastrophes annoncées dont nous sommes déjà les témoins.

 

Notre objectif est de participer, par notre art, à notre mesure et selon nos moyens, à l’indispensable transition vers un monde juste et durable :

 

  • par un partage, entre musiciens et avec nos publics, des informations et des actions existantes (pétitions, marches…), pour accélérer la prise de conscience par toutes et tous de l’extrême gravité de la situation que nous vivons.

  • en énonçant clairement, par nos prises de positions publiques, notre refus d’un statu quo dont nous savons qu’il mène à des catastrophes, en espérant que la multiplication de ces prises de position, venant de tous les horizons de la société, impose les décisions nécessaires.

 

Nous pensons que seule une mobilisation massive de tous les citoyens peut faire bouger les lignes. Participons à cette mobilisation, qui est en germe dans le monde entier.

 

Pourquoi agir en tant que musiciens ? Nous sommes fondés à prendre la parole :

 

Le dialogue avec la nature est une des composantes de notre art musical

 

Nous, musiciens, avons à cœur de défendre la beauté dans ses multiples incarnations, avant tout sonores. De Janequin à Messiaen en passant par Vivaldi, Beethoven, Debussy, Villa-Lobos et des centaines d’autres, notre art est imprégné d’un dialogue avec la beauté de la nature, cette nature que nous faisons disparaître chaque jour un peu plus, et nous avec. Comment continuer à interpréter les Histoires naturelles et autres bestiaires quand la biodiversité s’effondre ?

 

Une parole engagée est une des composantes de notre art musical

 

Comme toute expression artistique, la musique est tout à la fois politique et apolitique et peut être tout et son contraire : au service des pouvoirs en place ou moyen, vecteur de résistance. Depuis le Roman de Fauvel et ses motets satiriques du début du 14ème siècle jusqu’à l’histoire récente (Nono, Henze, Lachenmann, Huber…) en passant par le 19ème siècle (Révolution belge, Verdi…), les exemples abondent d’un art musical engagé exprimant les problèmes contemporains et les aspirations de la société.

 

 

Or, la situation est grave et urgente

 

Nous le savons depuis longtemps déjà : une croissance infinie dans un monde fini n’est pas possible – le Club de Rome l’avait déjà formulé très explicitement en 1972. Mais nous avons continué à consommer le monde, à le consumer en exploitant bien au-delà du raisonnable et ses ressources naturelles, et les populations les plus défavorisées, et les êtres avec qui nous partageons cette planète (les « animaux » et les « végétaux »).

Depuis peu, le sentiment de l’urgence s’impose à toutes et tous, porté notamment par les prises de parole dénuées d’ambiguïté du GIEC et de l’ONU, par la voix de son secrétaire général, Antonio Guterres.

Selon les mots de ce dernier, « nous devons rompre avec la paralysie. […] Nous sommes à un moment décisif. Si nous ne changeons pas de trajectoire d’ici 2020, nous risquons de rater le moment où nous pouvons encore éviter un changement climatique incontrôlable, avec des conséquences désastreuses pour les individus et tous les systèmes naturels qui nous soutiennent. » Selon lui, « il est impératif que la société civile – jeunes, groupes de femmes, secteur privé, communautés religieuses, scientifiques et mouvements écologiques dans le monde – demande des comptes à leurs dirigeants. » Ajoutons à cette liste notre communauté artistique musicale. « Depuis des décennies, ajoute-t-il encore, les scientifiques nous ont alertés encore et encore ». Mais « beaucoup trop de dirigeants ont refusé de les écouter ».

Quelques aspects d’une réalité qu’il est inutile de développer – une simple recherche donnera plus de détails :

  • effondrement de la biodiversité (du fait de la disparition des habitats naturels et des pesticides, dont le rôle néfaste est abondamment documenté) : nous vivons la 6ème extinction des espèces – mais elle est plus rapide que les précédentes. Inutile d’aller loin : en France, selon l’Appel des coquelicots, « le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans ; la moitié des papillons en vingt ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards ; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares ».

  • réchauffement climatique et ses conséquences multiples, là encore abondamment documentées

  • réchauffement climatique et ses conséquences multiples, là encore abondamment documentées

  • risques géo-politiques énormes à l’échelle mondiale – les migrants climatiques se compteront probablement par centaines de millions. Le manque de ressources (pénuries d’eau, famines) entraînera – entraîne déjà – des tensions politiques énormes.

  • renforcement des inégalités : le modèle de développement extractiviste et productiviste s’est accompagné d’une financiarisation de nos sociétés qui engendre l’enrichissement des plus riches (responsables de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre) et la paupérisation (et le surendettement) des plus faibles.

  • les collapsollogues se font explicites : Yves Cochet annonce l’effondrement de notre société actuelle entre 2020 et 2030. L’effondrement : c’est à dire la disparition de tout service public et de toute autorité politique. « Dans quatre décennies, l’homme cherchera d’abord de quoi se nourrir et de quoi boire ! » prédit quant à lui François Dauphin.

 

Comment continuer à ne rien faire ?

 

Face à ce qui est répété avec de plus en plus d’urgence par la communauté scientifique, nous ne pouvons plus attendre passifs. Nous agissons déjà, à notre mesure et individuellement, pour limiter les dégâts, par notre comportement individuel. Nous essayons, peu à peu, de nous sevrer de tout ce qui est néfaste. Nous sommes nombreux à signer, échanger des pétitions. Mais cela ne suffit plus.

Nous pensons que la situation exige l’engagement de toutes et tous. Que chacun doit aider ses proches à faire de même : à évoluer, par nos comportements, pour remédier aux excès destructeurs de notre société de consommation.

  • Pour que des réformes ambitieuses et profondes permettent une réorientation rapide des investissements financiers et des flux monétaires. Les sommes d’argent phénoménales que nous produisons doivent servir à nous sauver et non à nous détruire. L’argent investi dans les produits dérivés est près de trois fois le montant nécessaire pour la transition écologique. En plaçant son épargne dans des activités de transition et en demandant des comptes à sa banque sur les financements qu’elle accorde aux entreprises du secteur extractif, on peut faire bouger les lignes.

  • Parce que notre mobilisation est un signal fort à nos dirigeants ; parce que l’exigence que nous avons envers nous-même justifie celle que nous avons face à nos dirigeants, qui eux seuls peuvent et doivent agir rapidement et efficacement.

 

Tout peut changer

 

« Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve » (Hölderlin)

Nous ne pouvons nous résoudre à un fatalisme mortifère. Les solutions sont là : nous savons ce qu’il faut faire ; des scientifiques du monde entier travaillent continûment à résoudre les problèmes qui semblent insurmontables (pollution des océans, pollutions plastiques, énergies, batteries, solutions de remplacement des matériaux rares…). Nous savons aussi que cela ne suffit pas, et que nous avons besoin d’une remise en cause profonde de nos modes de vie (consommation, production transports,…) et de décisions politiques courageuses pour pouvoir à la fois assurer la transition écologique et lutter efficacement contre les inégalités. Pas de transition écologique sans justice sociale !

 

Cela n’ira pas sans une prise de conscience collective passant par de nombreuses discussions, ni sans une mobilisation citoyenne massive (par le biais des marches, pétitions…). C’est cette parole, cette mobilisation que nous espérons favoriser, à notre petite mesure et par notre art. Nous souhaitons, par notre engagement, apporter une petite pierre à la nécessaire transition écologique, accompagnée par une plus grande justice sociale, par une meilleure redistribution des richesses, par un meilleur accès de tous à la culture et à l’éducation.

 

Pour un réveil spirituel

 

“La grande erreur de notre temps, cela a été de pencher, je dis même de courber l'esprit des hommes vers la recherche du bien-être matériel. Il faut relever l'esprit de l'homme, le tourner vers la conscience, vers le beau, le juste et le vrai, le désintéressé et le grand. C'est là et seulement là, que vous trouverez la paix de l'homme avec lui-même et par conséquent avec la société.”

Victor Hugo - Discours à l'Assemblée nationale - Séance du 11 novembre 1848

 

Les valeurs marchandes, matérielles, doivent être remplacées par des valeurs non-marchandes, immatérielles – un temps social non monétisé doit se développer. Et la musique est certainement une belle façon de faire société, non ? Le « temps de cerveau disponible » doit contribuer à l’amélioration de la condition humaine, pour toutes et tous, et non à la destruction.

 

 

 

 

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